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De ses 10 ans de carrière de graphiste dans la presse féminine, Valérie a tiré un principe qu'elle applique à sa vie comme à sa création artistique : identifier et sacrifier l'anecdotique pour ne conserver que l'essentiel.
C'est d'un tas de vieux sacs postaux, abandonnés dans un bureau et qu'elle clouera sur châssis, que jailliront ses premières toiles : un bestiaire en noir et blanc né de langues d'acrylique et dont le succès la convaincra de continuer. Après tout, quel meilleur partenaire que La Poste pour transmettre ce qu'on a à dire ? D'un séjour de 2 ans à Marseille elle ramène une palette de couleurs qui, mise au service d'une technique en constante évolution, magnifie esthétiquement et émotionnellement des sujets d'inspiration improbables, souvent dépourvus à la base de toute prédisposition " artistique ". Il y a du fantastique, un zeste de Frankenstein même, dans sa faculté à donner vie aux sujets inanimés de ses tableaux : son travail autour de la lumière, sa traque pugnace de la transparence, du reflet parfait, du rendu authentique, tout comme sa démarche de mise en volume, aboutissent à des peintures joyeuses et spectaculaires dont le magnétisme déborde largement des cadres qui les enserrent. Si elle admire les noirs de Vélasquez et de Manet, elle avoue avoir pleuré devant les toiles de Sargent Serola, lumineuses illustrations de sa propre quête. Valérie aime aussi les huîtres, les coquilles Saint-Jacques et le vin ; elle aurait aimé être psychanalyste et vivre en Inde 1 an ou 2. Elle doute de tout, et surtout d'elle, et ça l'épuise : pour récupérer elle va donc à Marseille, sur une île bretonne ou dans sa nouvelle maison qu'elle est impatiente de voir finie…histoire sans doute de prendre de la distance avec des fréquentations un peu envahissantes : Leroy Merlin et Castorama ! |